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Mâäk got reviewed!

2286 days ago

J’avais vu Mâäk (on ne dit plus Mâäk’s Spirit) au Cercle des Voyageurs fin avril. C’était avec Gábor Gadó (eg), Claude Tchamitchan(b), Tamás Sándor Geröly (dm) et - le noyau dur - Guillaume Orti (as), Michel Massot (tub, tb), Jeroen Van Herzeele (ts) et Laurent Blondiau (tp), bien sûr.

 

C’est dans cette formule que le collectif enregistrera son prochain album.

Ce soir-là, je n’avais pas pris de notes, mais le souvenir de la musique résonne encore dans ma tête. Ce qui m’avait frappé, c’était la ligne un peu moins débridée que ce que nous avait offert Mâäk ces derniers temps. Rassurez-vous, Mâäk n’a pas cadenassé ses libertés musicales. L’ouverture, les improvisations et les idées les plus folles sont toujours bien présentes. Les interventions de Massot sont toujours étonnantes. Celles d’Orti et Van Herzeele toujours aussi incandescentes. Quant à Tchamitchan, il donne du corps à l’ensemble et Sándor Geröly colorie autant qu’il dynamite. Il suffit de voir comment Yvan Bertem danse sur de pareils rythmes… C’est puissant et nerveux.

 

Tout cela donc sera à revoir et à réentendre très bientôt.

En attendant, ce vendredi 6 août, Mâäk était au Recyclart. Dans une configuration bien différente. Aux côtés de Blondiau et Orti, on retrouvait João Lobo (dm), Giovanni Di Domenico (Fender) et Nico Roig (guitare barytone).

 

Le concert a lieu en plein air, sur le trottoir, devant l’entrée. Il fait plutôt doux - c’est assez rare, cet été, pour être signalé. Au loin, la Grande Roue et le XXL de la Foire du Midi laissent des trainées lumineuses sur le ciel sombre. Sur la petite place, en face, un collectif d’artistes continue son happening. Ce matin, ils ont récupéré plein d’encombrants - vielles portes, mobilier et détritus - pour reconstruire une pseudo maison… «Build Your Own Dream» est inscrit sur les papiers qu’ils distribuent.

Sur le toit de la salle, quelques trains continuent à passer.

 

Mâäk attaque, bille en tête.

On y ressent toute l’énergie et l’influence du Miles Electric. Groove, transe, spiritualité, intensité. Mâäk alterne des moments de tension avec des instants de plénitude.

Le Fender, délivrant un son magique et irréel, met des étoiles dans la musique. Roig frappe sa guitare avec des baguettes, puis délie des harmonies avec dextérité. Les pulsations de Lobo s’adaptent aux changements de rythmes. Le batteur reste attentif aux moindres changements de climats. Blondiau et Orti échangent des dialogues vifs aux souffles chauds, puis rauques, puis sensuels. De ce maillage complexe s’extrait un groove intuitif. La musique a un pouvoir hypnotique sur le public.

 

Devant le groupe, trois danseurs - Yvan Bertem, Yiphun Chiem et Dan "Furry" - exécutent des figures erratiques. Avec une souplesse inouïe, ils découpent l’air et l’espace. Leurs corps roulent et s’enroulent, se déplient, se recroquevillent. Leurs membres se nouent, se mêlent, se délient. Les danseurs se combattent, s’unissent, se frôlent, s’aiment. Puis ils rampent, rebondissent, ondoient et deviennent hyper sensuels au son de «Comme à la radio» qui clôt un concert magique.

Le public est conquis, il en redemande et Mâäk nous en redonne.

Un supplément d’énergie fait d’une musique qui enfle et se mue en transe explosive.

Toujours différents, toujours déroutant, l’esprit Mâäk est unique et toujours stimulant.

A+